Sur le vif

Cour pénale internationale : la Russie veut retirer sa signature du traité fondateur

Tiré du Figaro.fr Par Martin Planques Mis à jour le 16/11/2016 à 17:01 Publié le 16/11/2016 à 16:12 Voir directement sur le site…

Les autorités russes reprochent à la CPI, chargée de juger les personnes accusées de crime contre l’humanité et de crime de guerre, son manque d’indépendance.

«Le président (Vladimir Poutine) a signé un décret sur l’intention de la Russie de ne pas être État partie au Statut de Rome de la Cour pénale internationale. La notification parviendra bientôt» à la Cour. Avec ce communiqué, émis ce mercredi par le ministère russe des Affaires étrangères, la Russie s’éloigne de la Cour pénale internationale (CPI). Le pays annonce ainsi son intention de retirer sa signature du traité de Rome, texte fondateur de la juridiction pénale chargée de juger les personnes accusées de crime contre l’humanité et de crime de guerre. En 2000, Moscou avait signé le fameux traité mais ne l’avait jamais ratifié depuis (comme les États-Unis et la Chine).

La Russie reproche à l’instance de ne pas être «véritablement indépendante», selon le ministère russe des Affaires étrangères. «La Cour n’a pas été à la hauteur des espoirs qui ont été placés en elle (…) De fait, en 14 ans d’activité de la CPI, elle a seulement prononcé quatre verdicts, en dépensant malgré cela plus d’un milliard de dollars». La diplomatie russe reproche aussi à la CPI de se concentrer sur les crimes présumés commis par les milices ossètes et les troupes russes en Géorgie lors de la guerre ayant opposé les deux pays en août 2008. Selon la Russie, la Cour passerait sous silence ceux commis par les troupes géorgiennes.«Dans de telles circonstances, on ne peut guère parler de la crédibilité de la Cour pénale internationale», poursuit le ministère. La CPI avait annoncé fin janvier ouvrir une enquête sur la guerre russo-géorgienne de 2008, sa première en dehors de l’Afrique. Elle enquête également sur le soulèvement pro-européen du Maïdan en Ukraine et le conflit qui a suivi dans l’est du pays, où Moscou a été accusé de soutenir militairement les séparatistes prorusses.

«La Cour traverse un sale temps»

Depuis que la Gambie, l’Afrique du Sud et le Burundi ont annoncé leur intention de se retirer de la CPI, l’instance internationale vit une période de doute. Lundi, la Gambie a officiellement notifié son retrait de la CPI auprès des Nations unies, après l’Afrique du Sud et le Burundi en octobre. Le retrait des trois pays doit prendre effet un an après la réception de cette notification.

Mercredi, à l’ouverture de la quinzième Assemblée des États parties à La Haye, Sidiki Kaba, le président, a demandé aux trois pays africains de ne pas partir, dans un «message solennel». Le «puissant sentiment d’injustice» des États africains qui accusent la Cour de persécution envers les Africains «a pris les contours d’une crise qu’il faut vite circonscrire depuis le retrait de trois États».

Pourquoi des États africains se retirent de la Cour pénale internationale

«Je voudrais leur dire qu’ils ont été entendus», a ajouté Sidiki Kaba, parlant de «critiques légitimes». Fondée en 2002, «la Cour traverse un sale temps. On ne peut pas nier que c’est un moment difficile, mais je suis optimiste, je crois aux vertus d’un dialogue constructif au sein de cette assemblée». Dénonçant lui-même une «justice à géométrie variable», le président de l’Assemblée a émis la volonté de «réformer la gouvernance mondiale». Il souhaite également renforcer les moyens financiers, humains et logistiques pour les enquêtes menées par le bureau de la procureure, travailler à l’universalité de la Cour et mieux la faire connaître notamment via les réseaux sociaux.

(Avec agences)

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