Sur le vif

S’entendre comme Fillon en foire

Source : Le Parisien

L’équipe de campagne du candidat LR a des allures de grande armada pour satisfaire tout le monde.

Un petit surnom a fait son apparition ces derniers jours chez les fillonistes canal historique, sous la forme d’un acronyme : les NAFF, pour « nouveaux amis de François Fillon ». Comprendre, avec une bonne dose de sarcasme, tous ceux qui depuis la victoire du 27 novembre se pressent auprès du candidat à l’Elysée pour avoir une place dans l’équipe de campagne. Dans la ligne de mire, principalement, les anciens sarkozystes et juppéistes. Ceux-là mêmes qui, pendant la primaire, ne se sont jamais privés de cogner sur le député de Paris. « Les voir aujourd’hui en train de quémander et faire toutes les génuflexions possibles dans les médias pour espérer avoir une place, c’est pathétique. Mais tellement commun en politique… », analyse, las, un parlementaire filloniste.

Aujourd’hui, après plusieurs jours de concertation, François Fillon devrait dévoiler son organigramme pour la présidentielle. Une équipe ô combien œcuménique « pour jouer la carte du rassemblement », dit-on. Mais les postes clés resteront tenus par ses proches. A commencer par son directeur de campagne pendant la primaire, l’influent Patrick Stefanini, qui est reconduit à cette fonction pour la présidentielle. Il sera secondé par un proche de Bruno Le Maire, Sébastien Lecornu, président du conseil départemental de l’Eure. Pour le projet, c’est le député Serge Grouard qui devrait aussi rempiler, secondé cette fois par un ex-supporteur de Nicolas Sarkozy, Eric Wœrth, ainsi que par l’ancien responsable du projet d’Alain Juppé, Hervé Gaymard.

Côté porte-parole, c’est carrément la grande armada ! Thierry Solère, qui a gagné ses galons en tant que responsable du comité d’organisation de la primaire, est promu à ce poste très médiatique. Il aura autour de lui une équipe composée des fillonistes Florence Portelli et Isabelle Le Callennec et du juppéiste Benoist Apparu. Le maire de Cannes, David Lisnard, (qui n’avait pris parti pour aucun candidat pendant la primaire) et le centriste Philippe Vigier compléteront ce dispositif.

Et les anciens candidats à la primaire ? « Pour Nathalie Kosciusko-Morizet, ça va être compliqué », avoue un proche de Fillon, alors que l’ancien Premier ministre la soupçonne d’avoir été à l’origine des attaques qu’il a subies sur la question de l’avortement entre les deux tours de la primaire. Idem pour Jean-François Copé : « Ils se sont vus, ça a été courtois. Mais ça sera jamais le grand amour. » NKM, comme Copé, avait rejoint Juppé après le premier tour. En revanche, Bruno Le Maire va être remercié de son ralliement en s’occupant des questions internationales.

Hier, le nom de Maël de Calan, chargé du programme économique de Juppé, tout comme celui de Gilles Boyer, ancien directeur de campagne du maire de Bordeaux, circulaient aussi pour intégrer l’équipe. Peut-être dans le cadre d’une cellule riposte, dans laquelle devrait également figurer l’ancien sarkozyste Eric Ciotti. « Après, tous ces noms, ça vaut ce que ça vaut. C’est pour la cosmétique, raille un filloniste. François reste quelqu’un qui travaille en cercle très fermé, avec une équipe resserrée. L’organigramme est juste là pour faire plaisir au plus grand nombre… »

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