Sur le vif

Le vice-président Joe Biden met en garde l’Europe contre Poutine

L’Europe et les Etats-Unis doivent défendre l’ordre libéral établi après 1945, a plaidé à Davos le numéro deux de l’administration Obama, 48 heures avant de quitter ses fonctions.

Pour son dernier discours public en tant que Vice-président des Etats-Unis, Joe Biden a choisi le Forum économique mondial de Davos, après s’être concerté avec le président Obama, a-t-il souligné. Et loin d’être de pure forme, ses propos ont consisté à critiquer la prochaine administration de Donald Trump, sans toutefois le citer nommément.

«Nous devons défendre l’ordre International libéral mis en place au lendemain de la seconde guerre mondiale», a exhorté Biden à l’adresse du public de Davos constitué pour une large part de patrons d’entreprises multinationales. Il en a rappelé les structures, qui ont été établies à l’initiatives des Etats-Unis, a-t-il insisté. Il a donné comme exemple le plan Marshall qui a tant aidé à le reconstruction de l’Europe. Il a également rappelé la déclaration de Philadelphie, débouchant sur la création de l’ONU, ainsi que les accords de Bretton Woods de 1944 qui ont donné lieu à la mise en place du FMI et de la Banque mondiale.

De même, il s’est employé à défendre la mondialisation et le commerce international «qui ont permis à des millions de gens de sortir de la pauvreté». Certes il ne méconnaît pas les difficultés actuelles des classes moyennes, en Europe et aux Etats-Unis. Et parmi les solutions qu’il préconise pour son pays, il propose «d’instituer un enseignement universitaire gratuit. C’est un progrès qu’on peut réaliser, et dont le financement pourrait -être facilement assuré par un impôt sur l’héritage des titres boursiers», plus précisément sur les plus-values enregistrées sur les actions.

De façon encore plus directe, il a stigmatisé «les programmes isolationnistes à l’ordre du jour, qui par le passé ont conduit à des catastrophes. La fermeture des portes et la construction des murs sont une conception erronée de la sécurité». Là encore la crititique vis-à-vis de Trump était à peine voilée.

Attaque frontale vis à vis de Poutine

L’attaque vis-à-vis de la Russie et de son président a été en revanche frontale et nominative. «Poutine veut remettre en cause l’ordre libéral international, créer la zizanie en Europe». Critiquant les interventions russes en Ukraine, l’annexion de la Crimée et les mouvements séparatistes russophones, il considère «qu’il n’y a pas de zone ne d’influence, chaque Etat souverain est libre de contracter des ententes comme il le souhaite» .

Last but not least, il s’est employé à défendre l’alliance Atlantique, l’Otan, que Donald Trump envisage de remettre en cause. «Notre alliance atlantique peut répondre aux défis de l’heure, du terrorisme et de l’écologie… Les États-Unis et l’Europe doivent défendre leurs valeurs, de démocratie, d’un ordre mondial libéral». Et se faisant plus précis, il a averti les Européens que des cyberattaques russes pourraient venir perturber les prochaines élections nationale en Europe tout comme cela s’est passé en 2016 pour la présidentielle américaine en 2016.

«Il faut défendre l’Union européenne et sa constitution , l’ouvrir l’UE à des nouveaux Etats, aux pays des Balkans qui doivent pouvoir y adhérer». Une défense et illustration de la mondialisation et du libre-échange, mais avec des relents de guerre froide et une standing ovation comme on les aime à Davos.

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